vendredi 18 août 2017

Le patriotisme « à la française » [Jacques SAPIR]


Les Chroniques de Jacques Sapir

Suite à la polémique autour de Patrice Quarteron, champion de boxe thaï raillé sur les réseaux sociaux après avoir célébré une victoire en s’entourant d’un drapeau français, la question du patriotisme est à nouveau sur le devant de la scène. Qu’est-ce qu’un « peuple », et comment envisager un patriotisme serein et inclusif qui évite à la fois les écueils du communautarisme et ceux de la xénophobie ?

Invités :

Fatiha Boudjahlat, cofondatrice du mouvement Viv(r)e la République
Eric Anceau, historien, maître de conférences à Paris IV

Les USA en mode Orwellien : Le Maire de Seattle demande la destruction d'une statue confédérée et d'une autre de... Lenine

La statue de Lenine du quartier de Fremont à Seattle (état de Washington)
Le maire de Seattle, Ed Murray, avait déjà exprimé mercredi son déplaisir de voir la statue confédérée du Cimetière de Lake View. Jeudi, il a demandé officiellement son retrait ainsi que le retrait de la statue de Lénine à Fremont.
La déclaration du Maire :

"Au cours des derniers jours, les Seattleites ont exprimé leurs préoccupations et leur frustration par rapport aux symboles de la haine, du racisme et de la violence qui existent dans notre ville. Non seulement ces symboles représentent des injustices historiques, mais leur existence cause des douleurs chez ceux qui eux-mêmes ou dont les membres de la famille ont été touchés par ces atrocités. Nous devrions supprimer tous ces symboles, peu importe l'appartenance politique qui leur ait été attribuée au cours des décennies depuis leur émergence. Cela comprend à la fois des monuments commémoratifs confédérés et des statues qui idolâtrent le fondateur du régime autoritaire soviétique. Les deux se trouvent sur des propriétés privées, mais je crois que le mémorial confédéré au cimetière de Lake View et la statue de Lénine à Fremont devraient être enlevés. Nous ne devons jamais oublier notre histoire, mais nous ne devrions pas non plus idolâtrer les personnages qui ont commis des atrocités violentes et cherché à nous diviser en fonction de qui nous sommes ou d'où nous venons ".

Source

Marion Sigaut et Youssef Hindi : La République, son histoire, sa religion





Voir aussi :

La stratégie du choc des civilisations expliquée par Youssef Hindi

jeudi 17 août 2017

[13 novembre 2015] Abdeslam aurait profité de l'aide d'une ONG humanitaire à Budapest pour convoyer des djihadistes



Le terroriste présumé des attentats du 13 novembre 2015 aurait bénéficié de l'aide involontaire d'une organisation humanitaire venant en aide aux migrants, alors qu'il se rendait en Hongrie pour ramener des islamistes en France.

Alors que le seul membre en vie du commando djihadiste des attentats de Paris du 13 novembre 2015, incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), refuse toujours de parler aux juges, de nouvelles informations concernant le parcours du terroriste présumé ont été révélées le 14 août par le journal hongrois pro-gouvernemental Magyar Idök.

La publication explique qu'entre l'été 2015 et le printemps 2016, Salah Abdeslam aurait convoyé pas moins de treize terroristes formés par l'Etat islamique (EI) depuis Budapest. Il aurait eu pour tâche de récupérer des complices aux abords de la gare internationale de Budapest. Parmi eux, selon le journal hongrois, trois membres du commando du Bataclan de nationalité française : Omar Ismaël Mostefaï, Mohamed Foued-Aggad et Samy Amimour. Venus des terres irako-syriennes du djihad, ces derniers auraient été récupérés le 17 septembre 2015, après avoir réussi à pénétrer dans l'espace Schengen dissimulés au sein du flot de migrants.

Dans le cadre de cette besogne, Salah Abdeslam aurait été aidé par de nombreux bénévoles venant en aide aux migrants. Il aurait même séjourné à deux reprises dans l'appartement d'un membre d'une organisation humanitaire, selon Magyar Idök.

L'enquête du contre-terrorisme hongrois (TEK), effectuée à la demande des autorités françaises, avait déjà révélé que pendant l'été 2015, Salah Abdeslam s'était rendu en Hongrie à trois reprises, quelques mois avant les attentats de Paris.

mercredi 16 août 2017

Roger Waters [PINK FLOYD] : "Nous vivons dans 1984 d’Orwell"

Roger Waters, guitariste et auteur-compositeur des Pink Floyd, invité dans les studios de RT, estime que la réalité se rapproche chaque jour un peu plus des œuvres de Huxley et Orwell.

dimanche 13 août 2017

Olivier Delamarche prévient :"L'UE prépare un blocage de vos comptes"


L'économiste Olivier Delamarche, viré de BFM Business en mai dernier , tente d'alerter les français sur la mesure prise en catimini par l'Union Européenne pendant que les Français sont en vacances.

vendredi 11 août 2017

Sergueï Lavrov répond aux questions de l'actualité politique, mais pas que...

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’exprime sur la situation politique mondiale et répondra à toutes les questions dans le cadre du Forum de la Jeunesse qui se tient actuellement au bord de la Kliazma, en région de Moscou. (RT France)

lundi 7 août 2017

Selon Carla Del Ponte, "l'opposition syrienne n'est désormais composée que de terroristes". Elle démissionne.

Carla Del Ponte
L'ancien procureur spécialiste des crimes de guerre Carla Del Ponte a annoncé le 6 août qu'elle allait bientôt quitter la Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie. Les travaux de cette dernière vont malgré tout se poursuivre.

«Je suis frustrée, j'abandonne ! J'ai déjà écrit ma lettre de démission et vais l'envoyer dans les prochains jours», a déclaré Carla Del Ponte, membre de la Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie, lors d'un entretien donné au journal suisse Blick depuis le festival du film de Locarno, dans le Tessin, sa région natale.

«Je ne peux plus être dans cette Commission qui ne fait absolument rien», a dénoncé Carla Del Ponte, accusant les membres du Conseil de sécurité «de ne pas vouloir établir la justice» sur le dossier syrien.

«Au début il y avait le bien et le mal. L'opposition du côté du bien et le gouvernement dans le rôle du mal», a-t-elle estimé.

Néanmoins, si elle accuse le gouvernement syrien d'avoir «perpétré de terribles crimes contre l'humanité», elle estime aujourd'hui que «tous en Syrie sont du côté du mal».

«L'opposition n'est désormais composée que d'extrémistes et de terroristes», a-t-elle affirmé au journal suisse. En 2013, Carla Del Ponte avait d'ailleurs affirmé, après avoir recueilli des témoignages concordants, que les rebelles «modérés» soutenus par l'Occident avaient utilisé du gaz sarin à plusieurs reprises en Syrie à Homs, Alep et Damas.
(...)
Suite : RT France

dimanche 6 août 2017

Italie : inauguration du mémorial à Prokhorenko, soldat russe qui a trouvé la mort en Syrie


Ce 6 août, la bravoure d’Alexandre Prokhorenko, soldat russe mort en Syrie en héros, est passé à la postérité avec l’inauguration d’un mémorial en son honneur dans la commune italienne de Vagli Sotto, en Toscane. En mars 2016, ce jeune lieutenant de l'armée russe avait préféré ordonner à l'aviation de bombarder sa position, alors qu'il était encerclé par les djihadistes de l'Etat islamique, plutôt que de tomber entre leurs mains. (RT)

vendredi 4 août 2017

Etienne Chouard : "Le Venezuela me rappelle le Maidan"


Interview d'Etienne Chouard en direct le 04/08/2017.

thinkerview

[PS : Si Chouard parle du Saker Francophone, c'est de toute évidence, parce qu'il n'a jamais collaboré avec eux, ce que je déconseille vivement de faire. Tant qu'ils ont besoin de vous, tout va bien, et soudain, quand ils considèrent que vous ne leur servez plus, ils vous jettent simplement comme un chien, comme ça, sans explication. Humainement, ces gens ne valent rien du tout. Si vous lisez l'anglais, il vaut mieux lire directement les articles originaux du Saker US - Bertrand]

La «BHLisation des esprits» plus grave que leur «lepénisation» : Jean Bricmont répond à BHL


Accusé de négationnisme dans le Bloc note de Bernard-Henri Lévy du 20 juillet (le Point), le physicien et essayiste Jean Bricmont répond et explique sa vision de la liberté d'expression dans un entretien accordé à RT France.

jeudi 3 août 2017

La Syrie, le plus grand fiasco de la CIA ?

Illustration: Tiffet


Récemment, le Washington Post a annoncé la fin du soutien des rebelles « modérés » par la CIA, confirmant qu’ils menaçaient de renverser Bachar al-Assad en 2015, mais que cette issue chaotique fut empêchée par l’intervention militaire directe de la Russie cette même année.

Chaotique, car le chroniqueur du Post David Ignatus vient de souligner dans ce même journal que Washington et ses alliés ne pouvaient proposer de solution politique viable, démocrate et modérée pour remplacer le gouvernement syrien. D’après le spécialiste de la Syrie Charles Lister, qui regrette ouvertement la fin de cette guerre secrète coordonnée par la CIA, l’Agence aurait constitué une force de 45 000 combattants à travers cette opération, dont nous savons depuis janvier 2016 qu’elle a pour nom de code Timber Sycamore.

Or, comme le rappelle l’universitaire américain Joshua Landis, ces rebelles « modérés »appuyés par la CIA et ses partenaires ont combattu jusqu’en janvier 2014 aux côtés de la milice terroriste qui allait devenir le groupe « État islamique » (EI) six mois plus tard, lors de la proclamation du « califat » par Abou Bakr al-Baghdadi. Ce fait est confirmé par l’expert de la Syrie Fabrice Balanche, qui souligne que « les rebelles n’ont combattu Daech [autre nom du groupe EI] qu’à partir de l’hiver 2013-2014. Avant cette période, ils étaient main dans la main avec cette organisation ».

Depuis qu’ils ont rompu avec le groupe EI, ces groupes soutenus par la CIA et ses alliés se sont majoritairement coordonnés avec la branche d’al-Qaïda en Syrie, qui s’est appelée le Front al-Nosra jusqu’en juillet 2016, avant de changer de nom et de rompre superficiellement son allégeance au réseau de feu Oussama ben Laden.

Comme le New York Times le soulignait en octobre dernier, « monsieur Lister et d’autres experts ont déclaré que la vaste majorité des factions rebelles approuvées par les États-Unis à Alep combattaient en pleine ville, et qu’ils pilonnaient massivement les troupes du gouvernement syrien en appui des combattants affiliés à al-Qaïda, qui se chargeaient de l’essentiel des combats sur la ligne de front ».

Armements

Plusieurs éléments troublants sont à relever dans cette opération. Tout d’abord, sachant que les États-Unis se revendiquent en guerre contre le terrorisme depuis septembre 2001, appuyer pendant près de cinq ans des groupes qui combattent aux côtés d’al-Qaïda n’a pas semblé poser problème aux décideurs américains et à leurs alliés occidentaux — ce qui est pour le moins déroutant. Et comme l’a pertinemment souligné Joshua Landis, le gouvernement des États-Unis savait depuis le milieu de l’année 2012 que les armes livrées massivement par la CIA et une quinzaine de services spéciaux depuis la Turquie et la Jordanie équipaient principalement des groupes djihadistes, un processus dévoilé par le New York Times en octobre 2012.

Comme l’auteur de ces lignes avait eu l’occasion de le défendre, le réseau qui a majoritairement bénéficié de ces milliers de tonnes d’armements a été le Front al-Nosra ; ce fut d’ailleurs le cas jusqu’à récemment dans le gouvernorat d’Idleb, dont la capitale vient d’être prise par cette organisation, aujourd’hui rebaptisée Hayat Tahrir al-Cham.

Ces graves dérives ont été notamment confirmées par le journaliste Gareth Porter, dans un article intitulé « Comment les États-Unis ont armé des terroristes en Syrie ». Comme ce grand reporter l’a souligné, « cet afflux massif d’armes [coordonné par la CIA] vers le territoire syrien, ainsi que l’entrée de 20 000 combattants étrangers dans ce pays —, et ce, principalement depuis la Turquie —, a largement défini la nature de cette guerre », Gareth Porter se référant au vaste réseau de trafic d’armes mis en place par la CIA et ses alliés depuis les Balkans et la Libye, de même qu’à l’acquisition de 15 000 missiles TOW made in USA par l’Arabie saoudite.

Fabriqués par Raytheon, ces missiles antichars ont été introduits en masse dans ce conflit à partir de 2014, et les pertes infligées aux forces syriennes avec ces armements auraient été le principal facteur de l’intervention russe au début de l’automne 2015.

Dans cet article, Gareth Porter ajoute que « les armes [injectées par la CIA et ses partenaires dans le conflit syrien] ont contribué à faire de la branche d’al-Qaïda en Syrie […] et de ses proches alliés la plus puissante des forces anti-Assad dans ce pays — et elles ont aussi permis l’émergence de Daech ». Rappelons qu’à l’origine, le Front al-Nosra et le futur groupe État islamique ne faisaient qu’un avant leur scission du printemps 2013, qui déboucha sur une guerre fratricide entre ces deux factions.

Scission

En réalité, les combattants majoritairement irakiens de ce qui était alors appelé le « groupe État islamique d’Irak » (EII) ont fondé, à partir de l’été 2011, la milice qui allait devenir le Front al-Nosra en janvier 2012. D’après Foreign Policy, lors de cette scission d’avril 2013, « une large majorité de commandants et de combattants d’al-Nosra en Syrie ne suivirent pas [leur chef Mohammed al-Joulani] » et prêtèrent allégeance au futur « calife » Al-Baghdadi, ce qui aurait représenté « jusqu’à 15 000 combattants sur environ 20 000 », d’après une estimation du chercheur Fabrice Balanche.

Toujours selon Foreign Policy, « partout dans le nord de la Syrie, Daech s’empara des quartiers généraux d’al-Nosra, des caches de munitions et des dépôts d’armes » durant cette séparation. En d’autres termes, le gigantesque trafic d’armes et de munitions organisé par la CIA pour équiper les rebelles en Syrie a, directement ou non, favorisé la montée en puissance du groupe EI dès janvier 2012.

Même conséquence pour le versant « formation militaire » de cette opération clandestine de l’Agence et de ses alliés, qui a conduit les Forces spéciales détachées auprès de la CIA à entraîner malgré elles une forte proportion de djihadistes officieusement affiliés à al-Nosra ou à Daech — selon des sources anonymes du SOCOM et de l’Agence impliquées dans ce programme.

En clair, de nombreux mercenaires anti-Assad recrutés par la CIA ont dissimulé leur appartenance à ces groupes terroristes (ou leur attrait pour ceux-ci), le processus de sélection des combattants étant particulièrement laxiste.

Bien qu’indiscutablement condamnable, le gouvernement Assad a bénéficié d’un soutien populaire indéniable contre la rébellion, et il s’est maintenu grâce à l’intervention décisive de la Russie, ce qui n’avait pas été anticipé par les stratèges d’Obama. Censées être en guerre contre le djihadisme depuis l’automne 2001, les puissances occidentales ont fait le pari cynique de couvrir et d’aider leurs alliés régionaux dans leur soutien envers des groupes extrémistes éprouvant la même détestation à l’égard de notre modèle démocratique qu’envers l’État syrien laïque et ses alliés russes et chiites.

Provoquant un véritable désastre humanitaire, la fulgurante montée en puissance du groupe EI en 2014 est en bonne partie la conséquence de cette politique inconsciente et court-termiste, dont l’Arabie saoudite a été le principal financeur — le rôle de nos « alliés » turcs et pétromonarchiques dans l’essor du djihad armé dans cette région (et au-delà) n’ayant d’ailleurs jamais fait l’objet d’une quelconque protestation officielle de la part d’États occidentaux pourtant frappés par le terrorisme.

Finalement, au regard des conséquences dramatiques de cette ultime guerre secrète de la CIA — que le Washington Post avait décrite en juin 2015 comme étant « l’une [de ses] plus vastes opérations clandestines » —, il n’est pas impossible que les historiens la considèrent un jour comme le plus grand fiasco de l’Agence.